TAWAAƊAL, TAWTAWRE PULLO JUGUURE
LE PEULH DE DJOUGOU ET SES TRADITIONS
Par Biyagui Djodi
Transcription et édition de Riccardo Ciavolella
INTRODUCTION
L’ORIGINE DU PULLO DE DJOUGOU
LES COUTUMES ou TRADITIONS des Peuls de Djougou - PREMIÈRE PARTIE
LA JEUNESSE (ndr)
Le jeunes hommes (rites de passage, dont notamment le goja, ndr)
La jeune fille
LE MARIAGE
1. Premier temps : koogal (mariage)
2. Deuxième temps : tayŋal
3. boofogal
4. Pemmol (baptême, ndr)
5. laboy
Conclusion de la première partie
LES COUTUMES ou TRADITIONS des Peuls de Djougou - DEUXIÈME PARTIE
L’ENTERREMENT
1. keccam (non cuit)
2. ɓannuɗam (cuit)
3. duaare (prière funèbre)
4. sadaka (aumône)
Conclusion 2ème partie
CONCLUSION GÉNÉRALE
LEXIQUE
INTRODUCTION
Le Pullo dans son ensemble, est une ethnie de provenances diverses. D’aucuns pensent qu’il est du Futa Jallo ou du Futa Tooro. D’autres de l’Égypte. Mais nous savons qu’il s’est propagé et dispersé un peu partout dans la planète. D’où vient alors le premier pullo de Djougou ? Je vous ferai connaître avec précisions quels étaient ses mœurs, coutumes et traditions.
L’ORIGINE DU PULLO DE DJOUGOU
Chassé par les guerres tribales, le pullo de Djougou le premier à s’installer dans cette terre est du Burkina Faso vers les années 1825 selon les décomptes des orateurs. Ils étaient deux cousins à quitter ensemble. Le premier est resté seul dans une brousse avec ses compagnons, prêt à affronter toute personne qui oserait l’attaquer. Il a choisi le village appelé Darkuku parce que ces guerres étaient générales en Afrique. Là-bas ils étaient libres, ce pour quoi les Fulɓe de Darkuku sont appelés diimaaɓe, des intègres.
Le second lui prolongea sa route et alla chercher refuge auprès d’un chef traditionnel Pila Pila (Yom) qui lui montra un lieu. Il s’installa dans ce lieu qui est devenu un village qu’on nomme Kpakpayé. Les Fulɓe de Darkuku l’ont appelé fermiiɗo (Dans l’ancien temps, il ne pouvait jamais se marier au pullo de Darkuku car il est considéré comme un peureux, un réfugié alors un esclave).
Après eux, sont venus des Fulɓe des pays haoussa, surtout de Sokoto. Ce sont eux que nous croisons surtout très clairs qui peuplent dans le Borgou.
Quelles étaient les activités de ces Fulɓe ? L’activité première que menait le pullo était le pâturage. Le pullo de Djougou en arrivant n’avait rien amené comme bétail, il ne le pouvait meme pas compte tenu des conditions dans lesquelles il avait fuit son pays. Ne pouvant pas laisser sa tradition, il demanda au chef Pila Pila de lui acheter des bœufs à élever (il commença par garder les animaux des ses cohabitants que sont les Yom), ce que celui-ci a fait. C’est pourquoi le pullo de Djougou est aujourd’hui gardien des animaux des autres. Il ne pratiquait pas les travaux champêtres: ce sont les propriétaires des animaux qu'ils garde qui le nourrissaient.
Néanmoins, il y a dans Djougou des Fulɓe qui sont à cent pour cent propriétaires de leurs animaux. Ce sont ceux qui ont rejoint les autres venant de Sokoto et qui sont des étrangers. Ceux-ci sont installés bien après l’indépendance. Le pullo était un homme de confiance. Avec l’évolution du monde, le pullo s’est donné à certaines pratiques, ce qui a laissé que son collaborateur Pila Pila a perdu la première confiance qu’il avait en lui. Il a coupé la ration du pullo qui est alors obligé de travailler la terre pour se nourrir en gardant toujours les animaux du Pila Pila mais cette fois-ci avec contrat (2ème naissance c’est pour le pullo).
(Comme tout autre, le pullo de Djougou a ses moments de loisirs: son habillement, sa coiffure et comment faire sa jeunesse).
- Quel est le rôle des âgés dans le campement ?
Les vieux sont des organisateurs des foyers et du village. En dehors de cela, ils restent dans le campement et veillent à la santé des animaux.
- Que font les femmes ?
Les femmes font toujours les mêmes activités dans les foyers. Elles font les activités domestiques (faire à manger, puiser l’eau) et gèrent le lait (vente, traitement). Ce lait fait la fierté (le bonheur) du debbo pullo.
LES COUTUMES et TRADITIONS des Peuls de Djougou - PREMIÈRE PARTIE
LA JEUNESSE
Les jeunes hommes (rites de passage, dont notamment le goja)
Lorsque le garçon atteint l'âge de puberté (estimé à quinze ans), il a une première cérémonie qu’il doit subir : le port du cache-sexe. Le cache-sexe est confectionné par le père ou l’oncle du garçon. Le jour de la confection, les parents se concertent et prennent une décision. Ce cache-sexe est fait d’étoffes (tissées par des tisserands).
Voici comment le port se fait. Le jour venu (on l’appelle dans une case par un frère ou un ami. Auparavant plusieurs gaillards sont avertis. Lorsqu’il pénètre dans la case, les gaillards se précipitent) on appelle certaines personnes fortes qui maltraitent le jeune et le mettent à terre; puis, on lui porte pour la première fois ce cache-sexe après une lutte âpre. Auparavant, il allait nu. Ainsi on lui apprend les choses de la honte comme s’accroupir s’il salue des grands, savoir quoi dire devant les grandes personnes (Il n’est plus un enfant : il peut aller se flageller et peut aussi chercher à se marier).
Epreuves de flagellation (goja)
(Après, le jeune se livre à la flagellation goja. C’est le lieu où le jeune garçon commence par éprouver son courage).
Voici comment le port se fait. Le jour venu (on l’appelle dans une case par un frère ou un ami. Auparavant plusieurs gaillards sont avertis. Lorsqu’il pénètre dans la case, les gaillards se précipitent) on appelle certaines personnes fortes qui maltraitent le jeune et le mettent à terre; puis, on lui porte pour la première fois ce cache-sexe après une lutte âpre. Auparavant, il allait nu. Ainsi on lui apprend les choses de la honte comme s’accroupir s’il salue des grands, savoir quoi dire devant les grandes personnes (Il n’est plus un enfant : il peut aller se flageller et peut aussi chercher à se marier).
Epreuves de flagellation (goja)
(Après, le jeune se livre à la flagellation goja. C’est le lieu où le jeune garçon commence par éprouver son courage).
Première épreuve : ɗarneteeɗi
Il restera débout pour recevoir trois coups. Chaque coup a sa signification :
- Le premier coup représente les douleurs qu'il a senti le jour qu’on coupait son nombril
- Le deuxième coup la douleur éprouvées déjà lors de sa circoncision
- Le troisième coup la douleur de la lutte du jour du port du cache-sexe
Deuxième épreuve : camacamali
Cette épreuve est la plus difficile et la plus dangereuse. Au cours de cette épreuve, on tape l’adversaire là où on trouve, à lui de se défendre en parant les violents coups qu’on lui envoie.
C’est surtout à ce moment que les jeunes filles comme les jeunes garçons se convoitent. Il n’est plus un enfant ; on lui confie la direction du troupeau. Il organise ses jeunes frères pour que chaque jour les animaux soient rassasiés et il travaille dans les champs pour nourrir les parents. De plus, il cherche à se marier. En effet, lorsqu’il voit une fille qu’il aime quelque part (au marché ou lors d’une cérémonie) il se renseigne (où se trouve son campement et promet à la fille de passer la voir le même soir chez elle ou quelques jours plus tard) et il va chez elle. (Si le garçon ne va pas chez elle, c’est qu’il ne l’aime pas). Alors le soir venu, vers vingt heures, il se pointe à l’ouest de la maison de la fille, s’accroupie puis salue « on kiiri jam », ce qui signifie comment passez-vous la soirée ? (étymologiquement « vous passez un soir en santé ? ») puis les parents disent à la fille « un de tes amis te salue ». Elle comprend aussitôt et va voir le garçon. La maman aurait déjà dit tout à sa fille sur comment on reçoit un garçon. Elle va, salue le garçon, puis prend les noix de colas ou du tabac en poudre que le garçon a ramené aux parents. Elle retourne vers le garçon, le fait lever et lui montre une case où il va se reposer en attendant de la fille qu’elle finisse ses travaux de ménage. Plus tard, la fille le rejoint dans la case et ils causent durant toute la nuit (sans tenir de relations sexuelles). Si la jeune fille n’a pas l’amour du garçon, elle le flatte et va dormir auprès de sa maman (après quelques heures de causerie, elle dit au garçon « je vais faire ci et ça et ne revient plus »). Le garçon passe la nuit noire, seul. Le lendemain, il rentre tout triste. Certains ne se décourage pas. Mais si la fille aime le garçon, ils restent ensemble (elle passe la nuit avec le garçon ; parfois même si elle accepte des relations sexuelles avec ce garçon) et le lendemain elle peut demander qu’il accompagne ses parents aux champs (où il se sacrifie sérieusement. Difficilement il mange ce jour. Mais la fille lui amène à manger le midi aux champs. Lorsque les parents verront leur fille amener le manger, ils quittent les champs pour que le jeune puisse manger. Ou bien, il rentrent à la maison avant pour que le garçon puisse manger dans sa case d’accueil et se reposer). Le garçon passe une deuxième nuit (ils peuvent même fixer la date du mariage). Le troisième jour, elle accompagne le jeune homme et rentre chez lui (il dit à ses frères « mi suɗii mo », ce qui signifie que « je l’ai couverte – avec mon pagne ?-). À son arrivée à la maison, il dit à ses frères, à l’âge de puberté, l’engagement qu’il a pris avec cette fille. Les derniers n’iront pas alors pas chez la fille (là ils n’ont plus droit de courtiser cette fille. Plusieurs garçons peuvent aller chez elle mais parmi eux, elle sait celui qu’elle aime).
Quels sont les signes qui identifient l'âge de puberté d'une fille peulh?
À 12 ans, la fille porte la coiffure appelée jonjoofa. À 15 ans, lorsque les parents s’aperçoivent que leur fille est grande, on la coiffe (tutukaare). Comment de présent cette coiffure ? on rase les deux cotés de la tête en rond puis on lui fait une tresse au front qu’on appelle sopoodu qui signifie qu’elle a l’age de recevoir les amants chez elle. Puis plus tard, on lui fait des tresses appelées gati (à 18 ans). Avec la coiffure de gati, elle est grande et peut accepter les garçons chez elle. Elle peut se marier et devenir yeraajo, « dame » d’un homme. Mais comment se présentent ces tresses ? On les tresse en ligne sur sa tête mais très fines et elle commence par porter le foulard sur sa tête sinon elle n’en portait pas.
LE MARIAGE
Un vieux m’a dit un jour que: « L’argent nous a plongé dans une très grande erreur qui nous aveugle » (« l’argent a laissé que nous ne suivons plus la vérité des choses »). En effet, les gens ne respectent plus la tradition et vendent leurs enfants au lieu de suivre la réalité. Sinon, il y a deux sortes de mariages :
A. Rikaaki (rikaago). Lorsqu’une fille et un garçon se sont aimés, ils peuvent se marier prématurément en se fixant rendez-vous quelque part et se suivent jusqu’au domicile du garçon. C’est un rôle d’homme. (c’est une sorte de vol, c’est pourquoi vous entendez parfois qu’une fille est volée). Cette pratique fait que l'on qualifie le Peulh de Djougou de voleur des femmes. Elle est une action malhonnête, je n’insiste pas car nous sensibilisons les jeunes à laisser cette chose. Mais ce qu'il faut savoir c’est que le jour que le garçon ramène la fille, il informe à ses parents en leur indiquant le campement duquel il l’a ramenée. Les parents du garçon vont vers les parents de la fille quelques jours après. Ils disent: nous vous avons volé votre fille (ils réunissent la famille et décident qui ira voir les parents de la fille, puis font le tour de la parenté et des autres aspects qui pourraient empêcher le mariage. Mais si un petit problème se révèle, on reprend la fille. Dans le cas contraire, on procède aux mêmes cérémonies d'un mariage normal). (C’est pourquoi nous sommes venus pour vous en informer pour que vous ne soyez pas troublés. « Votre fille est avec nous » - cette phrase traditionnelle permettra aux deux familles de faire le tour des choses qui peuvent empêcher que la fille reste dans leur maison. Si aucun problème ne se révèle,) les beaux parents amènent 24 noix de colas et une somme de 220 F. Cela symbolise l’accord de mariage du garçon consenti pour les deux familles.
B. Le deuxième mariage est celui qu’on célèbre normalement (un mariage normal est honorant). Le mariage se célèbre en deux temps.
1. Premier temps : koogal (mariage)
Les parents du garçon envoient 24 noix de colas aux parents de la fille, une somme de 220 F ce qui symbolise leur engagement. Il faut que ces noix de colas soient acceptées avant de parler de mariage proprement dit. Le jour que ces colas sont acceptées, c’est une joie dans le cœur de l’amant. On dit « gorroje jaɓaa ma » (les noix de colas nous acceptons). La famille de la fille distribue des colas dans les deux familles à savoir les cotés des oncles maternels et paternels (aux oncles maternels de la fille on dit que la fille a été choisie). Puis ensemble avec les parents du garçon, ils fixent la date du prochain mariage. Les prétendants annoncent à leurs alliés le programme ainsi que les prétendus. Le jour du mariage même, les parents du garçon amènent un taurillon, un pagne traditionnel tissé, un autre multicolore, du lait dans une calebasse et des cauris (1000). Les pagnes et les cent cauris sont rangés dans une calebasse qu’une jeune dame porte sur la tête. Vers vingt heures ils se suivent en cortège jusqu’à la maison de la fille. Entre temps, la fille vide les lieux et va rester quelque part. Elle ne doit pas voir comment on célèbre le mariage et ne doit surtout pas coûter à la nourriture préparée à l’occasion. Le garçon aussi.
À l’arrivée du cortège qui arrive vers l’Ouest, annonce leur arrivée quatre fois en prononçant salaama leekum. Les parents de la fille font semblant de rien entendre (en ce moment les parents de la fille ne répondent pas. Le silence explique qu’ils sont les propriétaires). Ils ne répondent pas aussitôt. Quelques minutes plus tard, ils désignent un homme (dans la famille de la fille) pour aller à leur rencontre (du cortège de la famille du garçon). Ce dernier a en main une lampe en argile. Lui à son tour s’arrête à cinq mètres du cortège. Le cortège se rapproche de lui à petits pas et prononce encore salaam leekum. Il répond au cortège et dit « On jaɓaama » ce qui signifie « nous vous recevons et vous acceptons chez nous ». Tout le cortège s’agenouille et salue l’envoyé puis lui il le dirige vers la cabane aménagée pour eux. Ils déchargent leurs colis puis se dirigent vers le groupe des parents de la fille et de loin, prononce encore cette phrase. (On leur aura donné un gros bol de riz accompagné de viande. Ils ne mangent pas ce riz avant que le mariage ne soit célébré). Ou auparavant, ils refusent tout le manger qu’on leur aura présenté. Ils déposent les pagnes et le lait qu’ils ont amené. On étale les cauris sur un plat tressé en rafia puis deux personnes une de chaque coté des deux familles mettent la main dans le plat de cauris. Puis un d’entre eux commence par dire :
Mi hawtii daudu e yanima der fallila, der nyaamu e yaru, der murmurtiroy, der ɓayŋu e taaniraaɓe. Jama julɓe on seedaka na ? (ce qui signifie « j’unis x et y selon la loi, l’amour le bonheur beaucoup d’enfants. Etes-vous témoins ? » (4 fois). Les autres répondent : Men seedake. Puis on délaie le cobbal avec du kossam on donne du plus âgé au plus jeune à boire à tour de rôle une gorgée chacun. On égorge le taurillon, les parents du garçon prennent la moitié de la viande sans les entrailles et rentre chez eux (Le garçon et la fille ne sont pas présents sur les lieux et n’ont pas droit à la viande). Le mariage est ainsi terminé. (quelques jours plus tard la fille quitte la maison où elle était réfugiée et revient chez son père). Deux semaines plus tard, ils (la famille du garçon, ndr) reviennent pour chercher définitivement leur femme : c’est ce qu’on appelle Tayŋal.
2. Deuxième temps : tayŋal
Après deux semaines, les sœurs du garçon vont chercher leur femme qui est restée chez elle depuis la célébration du mariage. Le jeudi ou le samedi sont des jours de tayŋal (que le Peulh considère de bonheur. Tous les autres jours sont maudits). À leur arrivée, elles se présentent et disent le but de leur arrivée. La nouvelle mariée se prépare et elles se suivent pour rentrer chez son mari qui d’avance aura aménagé sa case ronde ou rectangulaire. La nouvelle femme ne mange pas la viande, jusqu’au moment où elle aura fait un enfant. Mais que fait-elle lorsqu’elle tombe grosse ?
3. Boofogal
Lorsque la femme tombe grosse, au septième mois elle quitte sa maison conjugale pour rejoindre ses parents. Elle restera là-bas jusqu’au jour de son accouchement. Déjà à neuf mois, la mère du garçon (ou la marraine s’il n’y a plus de mère) achète tout ce qui est condiments. Le lendemain en même temps elle amène ces condiments chez les parents de la fille ce geste s’appelle barka. Le sixième jour la nouvelle mère amène le nouveau né chez son père pour être baptisé.
4. Pemmol (baptême, ndr)
Ce jour, on passe le lait sur la tête de l'enfant, puis on le rase. Après on met de la crème de lait en petites boules sur un plat en rafia appelé beɗol. Un vieux passe son doigt sur la crème dans sa paume frotte les deux mains puis bénit il passe cette crème sur sa même tête. Les autres le font également puis on délaie le cobal que tous les participants boivent.
5. Laboy
Plusieurs arrivées plus tard, il donne le nom à tous les enfants qu’il a eus dans sa vie. Il distribue des taurillons à chaque enfant. Ce taurillon fera son héritage plus tard. Ce geste s’appelle sukkugo.
Nuances (Précisions, ndr)
Lorsq’une femme a été grosse et qu’elle divorce avant l’accouchement, le baptême se fait dans la maison de la femme quelques années plus tard. Le mari paye un bœuf, celui-ci représente le bœuf qu’il devait donner pendant le mariage. Après le baptême, le même père ramène l’enfant chez lui.
Parfois si une fille est grosse chez son père, on l’envoie dans une autre maison des Haaɓe pour qu’elle accouche là-bas. Cet enfant souvent est appelé joduuru, bâtard.
Conclusion de la première partie
Voilà le commentaire d’un vieux qui vient de conclure son récit : « Tous ces renseignements sont considérés comme vrai et comme pratique du pullo de Djougou. Les religions musulmanes et chrétiennes sont apparues pour que ces pratiques soient délaissées. Je déplore assez le délaissement de ces pratiques. Nous avons adhéré à d’autres mythes qui nous rendent peut-être esclaves et ignorants de nous mêmes africains, de nos mœurs et coutumes. Pourquoi ne pas faire le mariage coutumier et suivre Jésus ou Mahomed ? Le mariage et le baptême coutumier ne vous empêcheront pas d’hériter le royaume de Dieu ».
La
conception du vieux vient pour conclure que tous ces renseignements des
pratiques du pullo de Djougou sont vraies. Les religions musulmanes et
chrétiennes sont apparues pour que ces pratiques soient délaissées. Nous
déplorons ce délaissement. Nous pratiquerons les mythes d’autrui qui nous
rendent esclaves et ignorants de nous mêmes africains, de nos mœurs et
coutumes. Pourquoi ne pas se marier dans la coutume peulh en adorant Jésus ou
Mahomed ? Le mariage et le baptême ne nous empêcherons pas d’hériter le
royaume de dieu.
L’ENTERREMENT
Le jour où un âgé meurt à domicile (dans un campement) ou à l’hôpital, on l’enterre le même jour. Lorsque le cri annonçant cette mort s’entend, les plus âgés entrent dans la case du défunt et changent sa position puis le couvre de tout son entier d’un pagne. Ils prennent une partie de la natte puis enlèvent un bâtonnet et mesurent la longueur du cadavre puis le remettent aux jeunes qui commencent par creuser la tombe en tenant compte de la longueur du baton. En ce temps, les agés confectionennt le pagne avec lequel le cadavre sera enveloppé et enterré. Chez les Peulhs (fulɓe) de Djougou, ils utilisent le pagne traditionnel blanc tissé par les tisserands ordinaires. Après le creusement de la fosse, on envoie doucement le corps puis on se sert de branches du bois de « karité », arbre spécifique pour l’enterrement, ou bien le « néré ». Ces deux arbres parce que ces fruits ont servi après les avoir transformés à la consommation. Ce sont des arbres de vie. Après quoi les cérémonies se fixent.
1. Keccam (non cuit)
Mercredi, Vendredi et dimanche sont des jours maudits chez le pullo. C’est pourquoi les voisins ou parents vont présenter leurs condoléances à la famille éplorée un de ces trois jours. C’est la même chose si les cérémonies se fixent le mercredi ou vendredi pour les femmes et le dimanche pour les hommes. Le jour arrivé (après trois jours du décès) les gens se rassemblent dans la maison avec le cobal et du lait. Le sorgho est pilé et délayé sans être cuit dont le nom. On donne à boire aux enfants. Après trois jours encore donc six jours, on fait une deuxième cérémonie.
2. ɓannuɗam (cuit)
La cérémonie se fait de la même façon mais ici, le sorgho est cuit après l’avoir pilé et bouilli par les enfants.
3. duaare (prière funèbre)
Si un homme marié meurt, ses femmes restent dans des couvents gardés par certaines personnes. On les dit reniiɓe (et le gardien renuuɗo), jusqu’au jour de cette cérémonie. Ce jour, chaque femme fait un plat qui sera offert à son mari. C’est le dernier plat qu’elle offre. Comment se composent ce plat ?
- Riz + pintade
- Pâtes + poulet
- Cobal + lait
NB : cette composition ne s’intervertit pas.
Au moment où les femmes sont au couvent, il y a celui qui veille à leur manger et un autre dans les cases à couvent qui veille à leur manière de s’asseoir ou de se coucher. Elles portent des pagnes blancs. C’est une femme qui s’occupe de leur manger. Au moment qu’elle prépare, elle ne parle à personne. Et au moment du manger, les veuves laissent aussitôt à manger si quelqu’un les surprenait en train de manger. Cette nourriture est considérée alors souillée.
Les incantations (ce qui se dit au moment qu’on délaie la bouillie) :
« Sammo, dieu du croisé, prend cette eau que nous te donnons aujourd’hui. Que le bon dieu nous laisse en bonne santé nous (que tu as laissés) encore vivants sur cette terre ». On appelle cela roytere ndiyam. Puis on divise les plats c’est-à-dire le contenu de chaque plat en deux qu’on donne en aumône aux marabouts. Cette cérémonie prend fin ainsi. Les veuves sortent de leur couvent et sont libres.
4. Sadaka (aumône)
Le sadaka ressemble un peu à duaare. C’est une cérémonie très ruineuse. Par qui cette cérémonie a commencé et comment elle se fait ?
Cette cérémonie a commencé par les Fulɓe de Nalohou. Dans la première partie nous vous avons fait l’historique ce qui ressort que le Pullo de Nalohou est un réfugié auprès des rois des Yom. Alors ce dernier compte tenu des bœufs qui sont abattus il a copié les habitudes du Yom. Ils ont commencé par abattage des poulets, ensuite des béliers puis à la longue des bœufs.
C’est une cérémonie de plusieurs défunt ce n’est pas comme pour le duraare où c’est pour une seule personne. Ici, on peut compter dix personnes qui sont mortes plus de 30 ans. On compte les années avant de fixer cette date des cérémonies. On invite tous les gendres de la famille pour tuer chacun un bœuf ou préparer un plat. Ceux-ci sont appelés esiraaɓe. Le plat s’appelle wurkuwo.
Le jour de la cérémonie, les membres de la famille surtout les petits fils des défunts viennent dans la maison où se fera la cérémonie appelée moytoy. On apporte une génisse et les petits-fils passent la crème à la main et glissent sur la génisse de la tête à la queue en disant : « Reçois aujourd’hui ce que nous te faisons ». Les femmes passent la main 4 fois, les hommes 3 fois. On immole la génisse. Ensuite les bœufs que les esiraaɓe ont amenés, on montre un bœuf aux petits-fils, les plats seront aussi amenés. On donne une partie de ces plats aux petits-fils. On fait les derniers dons à ceux qui sont nécessiteux. On se dit au revoir avec les tam-tam. Les femmes devancent les hommes avec les colis sur la tête en ligne. Les petits-fils chantent gaaraana en pilant le coobal du matin au soir en faisant la danse autour du mortier.
Conclusion 2ème partie
(missing..)
LES COUTUMES ou TRADITIONS des Peuls de Djougou - TROISIÈME PARTIE
L’histoire
des peuhls de Djougou de leur arrivée à nos jours est échelonnée d’événements.
Dans la première partie de cette histoire, il a été question de leur origine et
de leurs coutumes
Cette deuxième partie de l’histoire des peuhls de Djougou fait
la suite logique de la première qui parle de :
· L’habitation des Peuhls des Djougou
· L’habillement des Peuhls de Djougou
· La succession des âges des jeunes
Peuhls de Djougou
· La flagellation des jeunes peuhls de
Djougou.
· Les différents noms donnés aux enfants
Peulhs de Djougou à leur naissance
I - COMMENT SE PRÉSENTAIENT LEURS HABITATIONS
Les premiers
Peuhls du Bénin en général et ceux de
Djougou en particulier, vivaient dans des maisons faites en paille appelée CEKKEHOL
(tchekkehol) En effet, la paille est tressée à l’aide des cordes et enroulée
autour des piquets plantés en cercle, en laissant une ouverture qui leur sert
de porte d’entrée. Le toit est en paille également avec une charpente
constituée de traverses en bois. Dans son intérieur, on constate un hangar
appelé JUUJUUKU (djoudjoukou) fait de
bois sous lequel est dressée une natte faite de tiges de sorgho tressés sur les
quelles est étalée une natte fabriquée en raphia appelé WAAFAAGO qui leur sert de couchette. Le
père de famille partage la même couchette que son épouse et un enfant. Le plus souvent, c’est le plus
petit qui reste avec eux. Lorsque les enfants commencent par être
nombreux, une autre natte est dressée à
l’écart pour les plus grands enfants. Lorsqu’un enfant garçon atteint l’âge de
puberté, il ne partage plus la case avec ses parents. Sa case lui est
construite à l’écart dans la cour de la maison ; et le plus souvent à
gauche de la concession dont la porte est dirigée vers l’OUEST.C’est pour que
les parents aient un contrôle sur lui. Sur le hangar, sont entreposées les
calebasses qui servent à conserver le lait, les ustensiles de cuisine et
d’autres objets importants. Une longue corde est attachée entre deux traverses
où les vêtements sont suspendus. Une fille également majeure reste dans la case
de sa mère. Lorsqu’un garçon vient chez elle, elle le reçoit ailleurs dans une
case libre de la maison, ce n’est pas pour des relations intimes, mais pour de
simples causeries d’amitié. Cette démarche faite par le garçon prend plusieurs mois avant qu’il ne gagne la
confiance de la fille. C’est après cela que les parents du garçon entreprennent
les démarches auprès des parents de la fille. Si les négociations s’avèrent
positives, ils préparent les nécessaires pour la dote (DARTIRDE) . Elle est
constituée d’une calebasse de noix de colas, (100 noix) d’une somme (qui n’a
pas un montant fixe) d’un taurillon d’un
an au plus
II - HABILLEMENT DES PREMIERS PEULHS DE DJOUGOU
Avant
1987, les différentes catégories des peuhls de Djougou avaient une manière de
s’habiller. C’est à partir de cette année 1987 que les peuhls ont commencé par
changer leur manière de s’habiller. Ces différents changements sont remarquablement constatés du côté de la
jeunesse.
Le
jeune garçon
Dans le récit passé, nous avions dit comment le jeune homme
peuhl de Djougou devait apprendre à porter son premier vêtement qui est le
cache sexe. Sinon avant cela, il allait tout nu. Après cette étape, le jeune
garçon peut s’habiller normalement comme tout autre de son âge. Il se sert d’un
pagne tout blanc des tisserands
(saataare). Il l’enroule autour de son épaule en faisant un nœud pour le maintenir
en équilibre, c’est le ( waanaare) avec son yakaaru ( c’est un bâton bien
travaillé en art) qu’il tient, avec un
chapeau en raphia appelé ’’malfaare’’ En
tant que prévoyant, il a toujours sa torche à la main ou dans un petit sac pour ne pas être surpris par l’obscurité s’il
devrait revenir à la maison tard lorsqu’il se déplace. Le jeune peuhl ne se
déplaçait pas n’importe comment, Il allait au marché et assistait aux cérémonies. C’est à
ces occasions uniquement qu’il s’habillait.
Si dans un ménage les jeunes garçons sont nombreux et chacun d’eux ne dispose
pas d’un pagne propre à lui, ils programment leurs déplacements pour pouvoir
utiliser rationnellement les pagnes disponibles. Pour l’illustrer :
Considérons qu’il y a quatre jeunes dans un ménage qui
dispose de deux pagnes, deux les utilisent pour aller au marché à une date
donnée, au marché prochain, les deux premiers ne vont pas, ils laissent les
deux derniers aller. C’est le même scénario qui se fait pour les cérémonies. Il
n’avait pas de discutions entre eux. Ils géraient la situation pour qu’il n’y
ait pas dispute entre eux. Car ce serait une honte si la nouvelle se propageait
dans le campement. Puis que si la nouvelle se propage, les gents s’auront que
le ménage est pauvre, les jeunes du ménage peuvent avoir des difficultés de se marier. Personne ne
voudra que sa fille soit mariée dans un ménage pauvre.
La
jeune fille.
Comme le
jeune garçon, la jeune fille se déplace également nue jusqu’au moment ses
parents constatent ses premières menstruations en elle. Elle porte une camisole
pour cacher le sang qui sort d’elle. La jeune fille porte un pagne tissé sans
chemise mais avec beaucoup de parures au cou, au bras aux mollets aux chevilles
des pieds et de foulard sur la tête. Avant cet âge, elle ne portait pas encore de foulard su la tête. C’est ce qui la
différenciait d’une femme mariée. Mais en ce qui concerne les filles, chacune
d’elles dans le ménage a son propre pagne qu’elle lave régulièrement pour être
propre pour que sa pauvreté ne soit pas constatée.
Pour les
personnes âgées hommes comme femmes, elles peuvent porter tout ce qui les
semble beau. Pourvu que l’habit soit propre.
III - LA SUCCESSION DES AGES DES PEULHS DE DJOUGOU
Les Peuhls de tout le Bénin ont une même appellation des
âges. C’est le nombre d’années qui
sépare une génération à la même génération qui diffère d’une région à une
autre.
A Djougou, Il faut 3
ans pour une autre catégorie d’âge et 21
ans pour une nouvelle génération. Il faut rappeler qu’à Djougou il y a des
Peuhls appelés Maccaale (Matchaale) et ceux appelés Mibbe Fulbe. Chaque groupe
a sa manière d’appeler les âges. Lors de la flagellation, les Maccaale ne se
croisent pas avec les Mibbe Fulbe, les derniers entrent en danse avant les
premiers. Il y a sept (7) différents noms qui sont cités ici de façon chronologique par
groupe sociale.
Appellation des
Maccaale
|
Appellation des Mibbe Fulbe
|
GA’IIRE
|
DUYUURE
|
WAAKAARE
|
ELEWNE
|
FIBIIRE
|
DURNUURE
|
BAMIIRE
|
BUKKIIRE
|
JEYAARE
|
DAYMAARE
|
KELLIIRE
|
SEWNEERE
|
GNAAKIIRE
|
COOKUURE
|
Ces jeunes
hommes restent ensemble selon leur catégorie d’âge, et entre les différents âges
cités plus haut, il y a une plaisanterie parentale qui existe. Lorsqu’ils se
rencontrent, ils s’amusent beaucoup. C’est cela qui est appelé SANNASAAKU.
Les femmes n’ont
pas de nom pour les âges. Elles connaissent leurs égales dans le campement. Et
comme les hommes elles restent ensemble selon leurs âges, elles vont au marché,
au champ à la recherche du bois de chauffe, au marigot pour la lessive ensemble.
IV - LA FLAGELLATION
Qu’est ce que sait la flagellation ?
La flagellation est une cérémonie par laquelle des jeunes de même âge se
confrontent pour exprimer leur courage avec des chicottes ou bien des gourdins Pour les chicottes, ils utilisent
les jeunes pousses de l’arbre appelé
JABBI (Tamarindis indica) Pour le gourdin, chacun utilise le jeune pousse de l’arbre
qu’il juge résistant, qui ne se casse pas facilement.
Comment la flagellation a été découverte ?
Plusieurs versions m’ont
été données par des personnes ressources questionnées à ce sujet. Une d’entre
elles semble raisonnable. En effet, les premiers JUGUREEBE arrivés à Djougou ont retrouvés
d’autres populations qui pratiquaient leurs cultures. Eux aussi, ils avaient
une seule distraction qui était la danse de GOOGEERU ; la danse au son du
violon. Elle se pratique le plus souvent les nuits après le dîné, la population
se regroupe en un lieu choisi, le
violoniste chante et les autres dansent. Les filles, les jeunes garçons et les
jeunes dames sont ceux qui dansent. Des personnes âgées ne dansent pas. Les
hommes ont constatés que cette manifestation n’avait pas d’ambiance par rapport
aux autres ethnies. C’est alors qu’Ils ont réfléchit puis ils ont proposé de
vulgariser le jeu des enfants qui consistait à mesurer leur courage en se
donnant trois coups de balais de raphia de façon rotative. X donne trois coups
à Y, et Y lui remboursent les trois sans
qu’aucun d’ entre eux ne présente un signe de peur. Il ne doit pas bouger, ni refrogner
la mine, ni crier, ni pleurer. Lorsqu’un de ces signes se constate à travers un
des concurrents, il a perdu le jeu. Ce qui est une occasion de honte pour le
perdant. Cette séquence concerne les jeunes de 10 à 15 ans.
Les plus grands, de 15 ans et plus utilisent les gourdins, YAKAAJI.
Dans la présentation passée les différentes pratiques de la flagellation ont
été expliquées.
C’est ainsi que la
succession des âges a été inventée. Puisque les enfants le faisaient en
considérant leurs âges. C’est ainsi que les âges cités plus haut ont été
instaurés et échelonnés. Dans mes recherches, je n’ai pas pu avoir une explication étymologique de ces noms.
A quelles occasions la
flagellation est- elle pratiquée ?
Tout au début, (2 siècles passés) elle se faisait lors d’un mariage traditionnel
organisé dans un campement peuhl, et pendant l’intronisation d’un chef
peuhl. Au fil des temps, des chefs Peuhls appelés JOOMWURO ont été installés un peu
partout par des rois propriétaires terriens. Ces Joomwuros pour honorer ceux qui les ont installés,
organisent la flagellation devant leur
palais pendant les fêtes ordinaires célébrées annuellement dan s les villages.
La Tabaski, au début d’une nouvelle année pour ne citer que ces deux grandes
rencontre qui regroupe de très grandes foules autour du roi du village.
Qu’elle est l’importance de la flagellation
pour le jeune ?
Pour les
temps antérieurs, chaque jeune pratiquait la flagellation pour plusieurs
raisons :
1-
Le
jeune homme cherche à intégrer le rang de son âge pour jouir des avantages qui
y sont.
2-
Il
présente son courage en face du publique pour honorer son propre honneur et celui de sa famille, ses
proches et même ses amis qui ont le même âge que lui.
3-
Le
jeune homme qui fait la flagellation a la forte chance d’avoir une concubine
avec laquelle il peut se marier plus tard. C’est pendant cet exercice que les
jeunes s’envient, et se font des avances amoureuses. Celui qui n’en fait pas,
est considéré comme peureux il lui sera difficile de se marier.
Aujourd’hui,
les données ont totalement changées et pour causes :
-
Les
religions ont pris assez de l’ampleur dans tous les villages et villes de la
région du Nord du Bénin, c’est le
constat qui est observé de nos jours
avec l’adhésion de toutes les ethnies à
ces religions, c’est ce qui a entrainé le délaissement de nos meurs et coutumes.
La flagellation n’a plus sa valeur des ses premières années.
Elle est devenue le lieu de
querelles, de bagarres, de haine. J’ai même horreur aujourd’hui d’assister à cette
cérémonie qui entre temps faisait l’honneur et
la valeur de tous les Peuhls.
-
La
scolarisation des jeunes Peuhls est aussi la cause du désintéressement de nos meurs et coutumes Peuhls. Ils ne veulent plus être comptés parmi les
arriérés du temps. C’est ce que les jeunes scolarisés nous ont laissé entendre,
ceux que nous nous sommes approchés. L’honneur, le mariage de nos jours ne passent plus par le respect de nos meurs
et coutumes. Il suffit d’avoir ses
moyens financiers ou avoir une position importante dans la société.
V - LES DIFFÉRENTS NOMS DONNÉS AUX ENFANTS À LEUR NAISSANCE
Avant la
conversion massive des Peuhls de Djougou en Islam et en Christianisme pour
adopter des noms musulmans ou chrétiens, les peuhls de Djougou avaient des noms
par lesquels ils répondaient. Ces noms sont de deux ordres.
-
Des
noms issus de la succession de naissance ; du premier au dernier. Les noms
diffèrent selon le sexe de l’enfant.
Liste des différents noms
Noms des sexes
masculins
|
Noms des sexes
féminins
|
Daoudou
|
Yérima
|
Sammo
|
Bana
|
Asso ou Bio
|
Biisaou ou Baké
|
Gouda ou Bani
|
Kaaya
|
Djobbo
|
Goni ou Daado
|
Seebo
|
Belou
|
Meeré
|
Seebo
|
-
Les
autres noms sont donnés selon une circonstance ou d’un fait constaté et selon le sexe de l’enfant
Les autres noms donnés par circonstance ou par événements
Les autres noms donnés par circonstance ou par événements
Ce sont des noms qui expliquent des
événements qui se sont produits au moment la naissance d’un enfant naissait.
Appellation des noms
|
Explications
des circonstances ou évènements
|
Joodooma,
Joodi(hommes)
Jooda(femme)
|
Enfants nés après
que la mère ait perdu deux premiers
enfants nés successivement. Le troisième est appelé par ces noms selon son
sexe. Le nom signifie : celui qui est demeuré, resté, assis
|
Jabbo
|
Enfant né le 30 ou
le31 d’un mois. Le nom signifie : celui qui s’est précipité (il n’a pas attendu le début du mois suivant)
|
Joddi
|
Enfant né après
trois filles successives mais qui vivent.
Le nom
signifie : récompense
|
Gaou
|
Enfant demandé
auprès d’un fétiche. C’est lorsqu’une femme reste très longtemps sans
accoucher qu’elle est amenée après de
ce fétiche. L’enfant qui est né est appelé par ce nom qui signifie ; Le pêché
|
Tchara(homme)
Barki(femme)
|
Un enfant sorti
par les pieds au lieu par la tête
|
Djiddere
|
Lorsqu’un enfant est né mystérieusement, les
parents le laissent sur un tas d’ordures (pas parce qu’ils ne l’aiment pas)
et d’autres personnes le récupèrent en disant qu’ils l’ont acheté. Ils (les
parents de l’enfant) font des cérémonies puis ils récupèrent l’enfant. Le nom
signifie : Tas d’ordures
|
Baaba
|
Un enfant dont le
nom coïncide à celui de son père ou à son grand-père selon son jour de
naissance
|
Guétiido
|
Un garçon né après
cinq filles nées successivement.
La signification
du nom est la même que Joddi :
Récompense.
|
Tcheedooji(transhumance)
|
Enfant né au lieu
de la transhumance, homme comme femme
|
Soubaka
|
Un enfant né au petit matin, une femme
|
Maoudé
|
Un enfant né un vendredi, homme comme
femme
|
Soumè
|
Un enfant né dans le mois de carême,
homme comme femme.
|
SIINIIJO
|
Une femme de tien noir et belle. Son
tien ressemble à la couleur de l’indigo, qui est appelé SIINI
|
BOURIOU
|
Un enfant très petit à sa naissance
|
LOOTCHA
|
Un enfant très grand à sa naissance
|
INDÉPENDANCE DU BÉNIN ET ADAPTATION DES PEULS DE DJOUGOU
Les Peuhls ont continué par mener
cette vie des années durant avant que le Dahomey, Bénin d’aujourd’hui soit
indépendant en Août 1960.
I - LES PEULHS DE DJOUGOU ACCUEILLENT L'INDÉPENDANCE ET S'ADAPTENT
Mes orateurs Messieurs KOMA Jean âgé de 70, SABI
Gabriel âgé de 82 ans et Elhadj TOURE
Fousséni âge de 75 ans ont vraiment vécu les jours de l’indépendance du Bénin
car ils étaient majeurs déjà. Le résumé de leurs explications montre que le
Peuhl de Djougou a toujours gardé son mode de vie d’avant l’indépendance. Il ne
s’est plus mêlé de la politique de l’époque. Mais il a toujours contribué au
développement du pays en payant régulièrement son impôt annuel. Seuls leurs
responsables reconnus par l’administration participaient aux décisions dans le
Canton. Peu d’enfants peuhls allaient à l’école à l’époque. Les rares enfants
peuhls inscrits à l’école provenaient des familles des chefs peuhls. Les femmes
n’allaient pas dans les centres de santé pour des consultations pré et post
natale, ni pour l’accouchement. Rare des peuhls possèdent un acte de naissance
ou un jugement supplétif. Le premier Président du Dahomey a réuni les
populations qui vivaient loin des grandes voies à côté des voies qui ont
constitués de gros villages dans le Borgou, mais les peuhls de Djougou n’ont
pas bénéficié à ce regroupement. Ces regroupements avaient pour but de créer
des infrastructures telles que : les écoles, les centres de santés pour
les populations L’administration pouvait également percevoir les taxes
facilement auprès des populations. Mais ces prédécesseurs n’ont pas continué son initiative des grands
regroupements des populations jusqu’en
1972, l’année à laquelle les militaires
ont pris le pouvoir auprès de civiles. C’était la Révolution Populaire du
Dahomey
Avant cette année de 1972, les plusieurs enfants peuhls scolarisés (dans
le Borgou) sont devenus des cadres de l’état et fonctionnent déjà dans des
services. Ce sont eux qui ont pris
l’initiative de créer un comité
représentatif qui parlera au nom des peuhls du Benin vis-à-vis de l’Etat
Béninois. C’est le comité linguistique LAAWOL FULFULDE.
LES PEUHLS DE LA DONGA ADHERENT A L’INITITIVE
La création de ce Comité linguistique
a fait la fierté de tous les peuhls du septentrion. Son assemblée générale
constitutive a été organisée à Kandi en
1987.Plusieurs peuhls de toutes les régions du Bénin s’y sont donnés. Le
premier conseil d’administration de ce comité avait pour président Monsieur
ROUGGA Osséni, Instituteur de formation. Le Colonel SOULE Mamam Sambo était le vice. Les peuhls de Djougou
ont eux aussi installé un conseil d’administration qui avait à sa tête comme
président TOURE Fousseni et DJODI Biyagui le Secrétaire général. Après la mort
du Président ROUGGA Osséini, le Colonel Sambo prend la tête de l’organisation
en 1989.
POURQUOI LAAWOL FULFULDE ?
Les premiers intellectuels peuhls ont
constaté le délaissement important des meurs de la part de la jeunesse
montante, le refus des parents des enfants de scolariser leurs enfants, des
femmes en grossesse qui ne fréquentent pas les centres les centres de santé et
l’ignorance va grandissante, à cause de l’analphabétisme de la communauté. Lors
de l’assemblée générale constitutive, les participants ont retenu quatre
objectifs principaux pour lesquels les responsables choisis doivent
retenir leurs attenions afin que la vie sociale et économique des peuhls
change. Il s’agit des objectifs
suivants :
· Sensibiliser leurs membres au changement de mentalité,
· sauvegarder les meurs et coutumes des
Peuhls,
· scolariser et maintenir les enfants
peuhls ; filles et garçons à l’école,
· alphabétiser ceux qui ne sont pas scolarisés.
Les constats flagrants constatés auprès des peuhls
étaient :
-
Les
peuhls se sont donnés à l’alcool, à la
consommation de la drogue chez les
jeunes, l’abandon du pâturage par les jeunes des ménages, ce qui oblige les
chefs des ménages ou les propriétaires des animaux d’engager les manœuvres dont
ils ne connaissent pas souvent la provenance et la moralité, comme bouviers qui
sont sans expériences dans le pâturage. Ce
qui amène aux propriétaires des animaux à répondre régulièrement aux
convocations des élus locaux et des Gendarmeries
puisque leurs animaux créent des divagations dans les champs des agriculteurs,
source de conflits qui finissent par des coups et blessures ou de meurtre.
Ces conflits sont remarqués à Djougou
depuis les années 1995 avec l’arrivée des éleveurs nationaux des autres
Départements du Pays (le borgou surtout) et des pays transfrontaliers au début
des années 2000 venant des pays comme : Le Nigéria, le Niger et le Burkina
Faso. Ils ont de très grands cheptels de gros et petits ruminants avec des
bouviers sans qualification en la matière. Les jeunes n’ont plus du respect à
leurs parents et à leurs supérieurs.
-
Les
jeunes ne s’accroupissent plus en saluant une grande personne, ils les
tendent les premiers la main lorsqu’ils
veulent les saluer. Ils ne pratiquent plus la flagellation, ils ne respectent
plus le mariage coutumier.
-
Les
enfants scolarisés dans leur grande
partie ne finissent pas leur cousisse scolaire, ils abandonnent l’école pour
l’exode vers le Nigéria pour certains, et le Niger pour d’autres. Un phénomène
que le peuhl ne connaissait pas au paravent. Les responsables du Laawol
Fulfulde ont mené une grande lutte contre ce
fléau.
-
L’ignorance allait grandissant dans le rang
des adultes puisque plusieurs d’entre eux ne sont pas allés à l’école. Pour
améliorer cette situation, Laawol Fulfulde a initié les cours d’alphabétisation
en Fulfulde dans les campements peuhl du Borgou. C’est très longtemps après que
cette initiative a atteint timidement ceux de l’Atacora dont Djougou, par des
centres expérimentaux dans les Districts, aujourd’hui Communes. Ensuite, les
centres ont été ouverts partout, les campements qui ne pouvait pas regrouper 25
apprenants, pouvait se fusionner avec un autre pour pouvoir réunir les 25
personnes. Chaque apprenant devait se prendre en charge, il doit acheter le
matériel pour suivre les cours ; il s’agit de :
-
Un
livret de lecture et de mathématique, Une ardoise, un bic, un crayon, une
gomme, un chiffon, un cahier. Ils cotisent de l’argent entre eux pour s’acheter
une boîte de craie et un tableau à chevalet et pour payer l’alphabétiseur.
Cette situation n’a pas durée dans le
Bougou. Puisque les peuhls cultivaient également du coton, ils prélevaient dans les ristournes
qu’ils recevaient, l’argent pouvant suffire pour organiser la campagne
d’alphabétisation de l’année.
Ils en étaient là lorsqu’ils ont eu accompagnement de la Coopération
Suisse qui a pris en compte l’alphabétisation. Les apprenants ne se prennent plus en charge.
Les apprenants du Département de la Donga dont
la Commune de Djougou fait partie, se cherchent toujours, ils continuent à
faire l’alphabétisation par la pratique des cotisations avant d’ouvrir un
centre. Voyant ce qui se fait dans le Borgou avec la prise en charge totale des
apprenants, il a un grand manque de volonté des apprenants qui cherchent à avoir
eux- aussi des Partenaires qui peuvent les accompagner. Avec les séances de
sensibilisations organisées depuis son a adhésion, les peuhls de Djougou se
sont mieux organisés que par le passé pour réussir les campagnes
d’alphabétisation. Ainsi, un comité chargé d’organiser la bonne réussite des
campagnes d’alphabétisation a été installée. Avant l’ouverture des centres, le
comité se réunit pour faire le point de la campagne de l’année passée, et
arrêter le plan d’organisation de
l’année en cour. En 2001, une nouvelle organisation est née à Gogounou elle est appelée UDOPER Borgou/Alibori. Trois
ans plus tard, Djougou devient membre en part entière. L’activité
d’alphabétisation a été prise au sérieux
dans Djougou appuyé par l’UDOPER Borgou/Alibori. Dès le démarrage des
activités, l’appui a été faite avec le matériel didactique composé de 150
syllabaires.
Depuis 2004 à nos jours à Djougou, les Maîtres
alphabétiseurs suivent un recyclage par an leur permettant d’acquérir de
nouvelles connaissances avant d’aller dans un centre pour alphabétiser. Le comité
définit le lieu de la formation le nombre d’alphabétiseurs à recycler, le
montant que chaque centre doit participer pour le recyclage des alphabétiseurs
et le nombre de jour que durera le recyclage.
Au premier exercice en 2004, il a eu une bonne volonté de la part des
apprenants, 22 centres ont été ouverts avec 550 apprenants dont 270 femmes ;
515 ont été testés dont 208 femmes et 384 sont déclarés alphabétisés dont 172
femmes. Ce fut un exploit considérable. Mais de 2010 à 2012, l’ardeur a
beaucoup baissé puisque les apprenants déclarent être fatigués des cotisations.
Il faut souligner que cette alphabétisation a
engendré des acquits éloquents. En effet, dans le Borgou, les groupements peuhls des producteurs de coton pèsent leur
propre coton et remplissent eux-mêmes leurs décades. Et pour l’ensemble des
alphabétisés, ils s’écrivent des
correspondances, ils envoient des
communiqués ou avis de décès aux radios de proximité écrits par eux-mêmes. Les
fils des éleveurs alphabétisés ont reçu des formations en santé animale de base
avec des supports écrits en Fulfulde qu’ils exploitent régulièrement. Tous les
Peuhls possédants des appareils téléphoniques les manipulent aisément. Dans les
boutiques, ils lisent les prix des articles, face aux panneaux de signalisation et des feux tricolores, ils
arrivent comprendre ce que chacun dit. Ils saisissent la teneure des informations radiophonique ou
télévisuelle.
LES PEUHLS DE LA DONGA CHERCHENT A INNOVER.
Il reste beaucoup de choses pour les Peuhls du
Département de la Donga pour qu’ils à
l’image des autres du septentrion. Après plusieurs réunions de leurs cadres,
ils ont définit quatre grands objectifs
innovateurs sur lesquels ils vont s’atteler pour accompagner les communautés
peuhls de la Donga.
Ces objectifs sont les suivants :
-
Des
campagnes d’alphabétisation intensives afin de couvrir les quatre Communes que
constitue le Département.
-
La
conception des documents d’alphabétisation et la traduction des textes pour la
post alphabétisation.
-
La
sensibilisation à la scolarisation et le maintien des enfants de peuhls filles
comme garçons à l’école.
-
La
fréquentation des femmes des peuhls aux centres de santés pour les
consultations pré et post natales et le retrait des volets de naissance de leurs
enfants.
-
La
création d’un cadre de concertation et de dialogue entre les éleveurs et les
agriculteurs.
Une ONG qui s’occupera des populations de la Donga en générale et
des peuhls en particulier est créée. Elle est dénommée
provisoirement EN UMMEE ce qui veut dire ‘’ levons-nous’’
Elle a pour objectif de concrétiser les objectifs cités plus haut.
L’ONG EN UMMEE se cherche et est à la
recherche des bonnes volontés pour l’accompagner dans ces activités qu’elle
veut réaliser. Plusieurs choses ont été faites.
-
Rédaction
des textes juridiques, Statuts et règlement
intérieur déposes à la préfecture pour être enregistrés
-
La
disponibilité du siège de l’ONG
-
Organisation
des campagnes d’alphabétisation (avec le système de cotisation des apprenants)
avec 12 centres ouverts à Djougou, pour 300 apprenants dont 165 femmes ;
02 centres à Ouaké, pour 70 apprenants dont 25 femmes, 01 centre à Copargo,
pour 37 apprenants dont 19 femmes.
Considérant la réussite dans les 15 centres testés, le conseil
d’administration de EN UMMEE ONG lors de
sa réunion ordinaire du 14 Juillet 2013 au sein de son siège, à proposé de ce
qui suit :
· Ouvrir 22 centres dans la Commune de
Djougou, 10 centres dans la Commune de Ouaké, 05 dans la Communes de Copargo et
10 centres dans la Commune de Bassila. Soit 47 centres à ouvrir pour 1175
apprenants
· Recycler 47 Maîtres et Maîtresses
alphabétiseurs qui seront mis à la disposition des 47 centres à ouvrir.
Face à ce
programme, nous avons beaucoup de difficultés pour pouvoir couvrir des dépenses
que demande une campagne d’alphabétisation. Celle de 2013/2014, se fera pendant
trois mois. Du recyclage des Maîtres à l’ouverture officielle des centres
BESOINS POUR LA
CAMPAGNE D’ALPHAB2TISATION 2013/ 2014
Besions
|
Quantité
|
Prix unitaire
|
Total
|
Apports
personnels
|
apports
extérieurs
|
Location de la
salle
|
5jours
|
5000f
|
25000f
|
25000f
|
________
|
Prise en charge
des formateurs
-
Déplacement :
-
Restauration
|
02pers
02pers
|
3000f
2000f/jr
|
12000f
allé/retour
40000f
|
L’ong
Vivres crus
|
_______
40000f
|
Prise en charge
des Maîtres alphabétiseurs
-
Déplacement
- Restauration
|
47pers
49pers
|
1500f
2000f
|
69500f
124.000f
|
l’Ong
vivres crus
évalués à 40000f
|
______
80.000f
|
Matériel
didactique
-
Syllabaires
-
Cahiers
-
Bic
|
49
49
49
|
1200f
200f
100f
|
58800f
5800f
4900f
|
_______
5800f
4900f
|
58800f
______
|
Besoins dans les
centres :
-
Tableaux
-
Syllabaires
-
-
Rémunérations des Maîtres
|
47
1175
47
|
20000f
1200f
25000fx 2 mois
|
540.000f
1.400.000f
2.2250.000
|
18000f
1.400.000
94.0000f
|
36000f
_________
1.310.000f
|
CONCLUSION GÉNÉRALE
Djougou est une ville du Bénin,
un pays de l'Afrique Occidentale avec une population de plus de 6.000.000
d'habitants. La ville compte plus de 30 milles âmes parmi lesquelles les
peulh (fulɓe).
Ce petit écrit retrace les
origines du Peulh (Pullo), de ses traditions et de ces coutumes. C’est une
première version qui a besoin d’une suite logique sur les autres aspects de la
vie du pullo de Djougou. La suite est en cours de rédaction et elle sera
disponible dans les mois à venir pour une compréhension complète de la vie du
Pullo de Djougou.
Je remercie les 12 orateurs qui
ont disposé de leur temps pour me donner les renseignements sur l’originalité
des valeurs et coutumes du Pullo de Djougou. Il s’agit de :
Koma Jean
Aliou Mathieu
Koma Simon
Zato B. Djoudji
Tiga Zato
Kaou Samarou
Adom Barnabes
Koma Etiene
Sabi Djodi
Boni Fidal
Aliou Michel
Je remercie également le Dr. Riccardo Ciavolella pour
sa contribution rédactionnelle et conceptuelle de l’écrit
LEXIQUE
(missing…)


1 commentaire:
ses bien je suis tres content de cette histoi des peulhs de gjougou
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